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Vous l'avez compris, CITY HALL est une fiction politique, pas un thriller pur et dur.
Harold Becker (SEA OF LOVE) signe ici son meilleur long métrage, surtout après le lamentable MALICE. Il centre son film sur les hommes, les politiciens. A travers de nombreux dialogues (c'est un film bavard), il démonte leurs idéaux, les met à nu. A aucun moment il n'accuse ouvertement quelqu'un ou quelque chose. Il dresse un bilan amer: la corruption est un état de fait, il faut vivre avec. C'est un constat sinistre que la fin optimiste de CITY HALL n'arrive pas à faire oublier.
Le scénario suit l'enquête de Calhoun, un idéaliste naïf. Son investigation minutieuse lève peu à peu le voile sur les coulisses du pouvoir. La trame de l'histoire est précise, extrêmement riche et travaillée. Quatre scénaristes s'y sont attelés. Aucun détail n'a été oublié. Le film est dense: il n'y a pas de scène gratuite. L'intrigue progresse à chaque instant... On n'a qu'un seul regret: le manque de spontanéité et d'humanité, probablement dû à ce travail de groupe. Précision et émotion sont difficiles à marier dans un seul film. Il faut reconnaître que CITY HALL n'y parvient malheureusement pas.
Côté interprétation, que des bonnes surprises! Al Pacino (HEAT, SCENT OF A WOMAN) incarne avec charisme un maire hanté par son passé et dont les idéaux sont brisés. John Cusack (BULLETS OVER BROADWAY, BOB ROBERTS), son adjoint, trouve enfin un rôle à la mesure de son talent: c'est sûr, on le reverra. Pour les amateurs de jolies femmes, Bridget Fonda (SINGLES, ARMY OF DARKNESS) apparaît timidement sous les traits d'une journaliste qui met le feu aux poudres. Martin Landau (ED WOOD) prête son visage à un juge brisé par le destin et la fatalité, une apparition trop brève. Enfin, Danny Aiello (LEON, PRET-A-PORTER), spécialiste des rôles de mafieux, compose un superbe personnage de démocrate véreux et fragile.
Personnellement, il m'a beaucoup bouleversé. CITY HALL frise le chef-d'oeuvre, mais ne l'atteint pas. En effet, le style froid et aseptisé du film enlève toute l'émotion qu'il aurait dû ou pu procurer. Franchement, entre nous, cela mérite largement le détour.
... plus sur CinopsisJean-Dominique Quinet
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